1. Les services publics et la protection sociale en Polynésie
En Polynésie française, il n'y a pas de couverture chômage et, pour les chefs d’entreprise, des « charges » sociales minimum. Un paradis pour le MEDEF et ses supporters.
Il n'y a pas non plus de poste comme chez nous : il n'y a pas de facteur qui apporte des lettres à une adresse. Il n'y a que des boîtes postales situées au bureau de poste. Encore faut-il beaucoup de temps pour obtenir une boîte postale.
Mise à part la route principale, il y a beaucoup de routes privées et les rares routes publiques sont à l’abandon. Autrement dit, les routes sont souvent mal entretenues, avec des trous énormes. Il faut un 4x4 pour accéder au logement. On ne peut pas faire autrement que d'abimer les suspensions des voitures de location. Les nantis qui ont participé à la liquidation des services publics s’étonnent que des gens aux revenus faibles s’achètent autant de 4x4. Y a t il une autre solution pour eux ?
Les routes privées sont souvent appelées des « servitudes ». Pour y passer, si on n’est pas invité par un des propriétaires, il faudrait demander théoriquement l’autorisation.
L’entretien des rares routes du territoire est sous-traité par des entreprises privées à des prix trop élevés et pour un rendement trois fois moindre que celui des services publics territoriaux.
2. Les médias
Les radios, toutes privées, sont médiocres, toutes équivalentes. Quand on ouvre la radio, on a, la plupart du temps, de la publicité, des prêches de toutes sortes de religions, de la « musique » connotée vacances ou religion (par exemple le tube « Le Seigneur est tout puissant »), des informations en faveur de Flosse et des horoscopes.
Il y a deux journaux, la Dépêche de Tahiti, apparemment insignifiante, avec le plus gros chiffre de diffusion (photos et noms des nouveaux-nés avec leur maman, photos des mariés, chaque jour trois pages de photos des départs à l’aéroport, etc.) et les Nouvelles de Tahiti, qui laisse place à quelques débats et consacre des rubriques à l’Océanie, à l’Australie et à l’Extrême-Orient, mais qui, en définitive, défend les mêmes intérêts politiques que La Dépêche. L’information est aussi bien contrôlée par les élites économiques et politiques qu’en France.
Une proposition pour les responsables du territoire : que France Culture, France-Musique et Arte, la meilleure part du service public français de l'audiovisuel, ou ce qu’il en reste, soient diffusés à Tahiti.
3. Le mythe de l'aide sans contrepartie de la France à la Polynésie
Il y a une aide d’Etat de la France à la Polynésie, c’est-à-dire une contribution de la masse des Français. Mais cette contribution est gérée par les privilégiés qui contrôlent l’Etat français, qui n’agissent que pour leurs intérêts particuliers et qui, de ce fait, mettent l’Etat en quasi faillite financière, ce qui justifie, pour eux, le non-respect des conventions avec la Polynésie et donc la violation du droit international. Si un de ces privilégiés veut investir en Polynésie, il obtient non seulement des exonérations de la part de l'État français, mais des exonérations de la part du gouvernement de la Polynésie française (nous sommes en juin 2004). L'aide de l'État français est une aide intéressée en échange de laquelle ces privilégiés peuvent se permettre d'investir avec des taux de rendement très élevés, ce qui signifie que le travail des Tahitiens alimente les fortunes françaises, même si ces dernières, bien peu reconnaissantes, qualifient les Tahitiens de paresseux.
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