La montée des mouvements de libération et l'attribution d'une certaine autonomie et d'une certaine démocratie à la Polynésie française

 L’époque du développement des mouvements de libération nationale, l’octroi par la métropole de plus de démocratie, l’apparition des partis[1] (

1.    L’Assemblée représentative (1945) puis territoriale (1952)

En 1945, par décret, est instituée l’Assemblée représentative composée de 20 conseillers, dont 9 représentant Tahiti, élus pour 5 ans, tous les habitants, à l’exception de la minorité chinoise, bénéficiant de la citoyenneté française. Les élus ont les mêmes pouvoirs qu’en 1885 les conseillers généraux. Ils délibèrent sur les emprunts, sur les travaux d’équipement, sur les bourses, sur la perception des impôts et taxes. Une commission permanente de 3 à 5 membres règle les affaires courantes.

Le 21 octobre le pasteur Charles Vernier est élu député. Le 9 juin 1946, c’est le tour de Georges Ahnne, avec 3766 bulletins nuls au nom de Pouvanaa, déclaré inéligible a cause de ses condamnations. Le 24 novembre 1946, Ahnne est réélu avec 7038 voix et 5238 voix à Louise Tumahai, la femme de Pouvanaa. En 1949, Pouvanaa est élu député. Il s’affilie au Centre indépendant d’action paysanne et sociale de Paul Antier

En 1949, naît le RDPT, Rassemblement démocratique des populations tahitiennes, avec Pouvanaa comme président et comme programme l’océanisation de l’enseignement et des cadres, des coopératives pour lutter contre les intermédiaires, l’impôt sur le revenu pour améliorer le niveau de vie en milieu rural. Nourri de la Bible, Pouvanaa ouvre à la politique des milieux pauvres et sans grande instruction. Le RDPT siège à l’Assemblée, au Sénat et au Conseil de l’Union française : partout, sauf à la mairie de Papeete.

Pouvanaa est réélu en 1951, contre Emile Vernaudon, Francis Sanford, Hoppenstedt, Bernast.

En 1952, l’Assemblée représentative est rebaptisée Assemblée territoriale. Elle comptera dorénavant 25 membres.

En 1953, aux élections à l’Assemblée, le RDPT obtient 18 sièges sur 25, l’UTD de Poroi 5 sièges, le RPF 2 sièges. Le 10 octobre, le RDPT Ceran reste président de l’Assemblée. Le RDPT Florisson devient sénateur. Mais le 19 octobre, renversement de majorité à l’Assemblée : 7 conseillers RDPT élisent avec l’opposition de droite Ilari comme président de l’Assemblée. En juin 1955, à nouveau un renversement : les deux RPF élus en 1953 rejoignent le RDPT, si bien que le RDPT Grand devient président de l’Assemblée.

En janvier 1956, Pouvanaa est réélu député contre Rudy Bambridge, fils de Tony Bambridge, frère de l’ancien maire de Papeete.

Petitbon est gouverneur du 30 novembre 1949 à mi-septembre 1954. Il est remplacé par JF Toby.

2.    L’Assemblée territoriale et le Conseil de gouvernement : le RDPT au gouvernement (1957)

La loi-cadre Deferre du 23 juin 1956 et la loi du 26 juillet 1957 dotent le Territoire d’une Assemblée territoriale qui comprend 30 membres élus pour 5 ans, membres qui élisent un Conseil de gouvernement de 6 à 8 ministres. Le ministre élu en tête de liste prend le nom de vice-président du Conseil.

Aux élections de cette nouvelle Assemblée, le RDPT a 17 sièges, l’UNR de Rudolph Bambridge, Gérard Coppenrath et Elie Salmon 7, l’UTD de Poroi et Vanizette 3, l’UDSR 1, les Indépendants 2. Pouvanaa devient vice-président (il a en plus l’intérieur et l’information. Bodin a les finances et le Plan, Tauraa les affaires économiques, Hunter les travaux publics, Lagarde la santé et les affaires sociales, Grand, RPF, l’éducation, la jeunesse et les sports).

Le Conseil est présidé par le gouverneur Toby.

Les chefs de services publics territoriaux sont nommés par le gouverneur sur proposition du ministre concerné.

L’Assemblée vote le budget, fixe les dépenses facultatives, gère le domaine territorial, décide des emprunts, des bourses et des travaux publics, sous réserve de la tutelle du gouverneur.

3.    L’incohérence du RDPT au gouvernement (avril 1958)

A la suite d’une manifestation violente, en forme d’émeute, devant le siège de l’Assemblée contre l’impôt sur le revenu mis à l’ordre du jour de l’Assemblée par le RDPT (le RDPT, pour plus de justice fiscale, veut introduire l’impôt sur le revenu), le 29 avril 1958, Pouvanaa cède aux manifestants et se désolidarise de Ceran-Jerusalemy, président de l’Assemblée et secrétaire du RDPT. L’impôt sur le revenu ne sera introduit qu’avec l’accord de la population. Ceran, mis en minorité, doit démissionner de son poste de président. Une partie du RDPT vote, pour le remplacer, avec les 12 conseillers de droite, pour Leboucher, conseiller UNR (l’UNR locale est le parti de Rudolph Bambridge et Gérard Coppenrath). Une partie du RDPT soutient le candidat UNR au Sénat, Gérard Coppenrath. Celui-ci est élu le 8 juin en remplacement de Jean Florisson, RDPT.

Au référendum du 28 septembre, une partie du RDPT, dont Ceran et Teariki, appelle à voter oui, l’autre partie, dont Pouvanaa et Drollet, appelle à voter non. Le oui l’emporte : Pouvanaa est électoralement désavoué.

Ceran fonde son parti, le PTM.

4.    Réduction des attributions de l’Assemblée et du Conseil : le recul de l’autonomie (1958)

En juillet 1958, Bailly est nommé comme « Gouverneur-Chef du Territoire ». En octobre 1958, ce gouverneur dissout le Conseil. Le 11 octobre, Pouvanaa est arrêté. Il sera condamné en octobre 1959. En novembre, l’Assemblée opte pour le statut de TOM. En décembre, l’Assemblée demande de limiter les pouvoirs de l’exécutif local.

Avec l’ordonnance du 23 décembre 1958, le poste de vice-président et la dénomination de ministre sont supprimés. Les ministres n’ont plus d’attributions individuelles mais collégiales. Les services publics territoriaux sont à nouveau dirigés par le gouverneur.

(Une contrainte supplémentaire ultérieure : à partir de 1971, la loi communale obligera le Territoire à reverser 25% de ses recettes au fond intercommunal de péréquation).

Une hypothèse de Ceran (page 175 de son livre de souvenirs) : dès 1958, De Gaulle et l’état major de l’armée envisagent le transfert des essais nucléaires en Polynésie, ce qui expliquerait la politique de neutralisation des volontés d’autonomie.

5.    L’UNR et l’UTD au gouvernement : 1958-1962, 1962-1967

Dans les années 1958-1961, la majorité des électeurs est toujours en faveur du RDPT, bien que l’UNR gouverne, à cause d’une décision d’une partie des élus RDPT. La preuve : en 1960, le fils de Pouvanaa est élu député, pour peu de temps, puisqu’il meurt en 1961. Son suppléant, Teariki, le remplace. Teariki est réélu en 1962.

Mais aux élections territoriales de 1962, le corps électoral change d’orientation. Le RDPT de Teariki n’obtient que 14 sièges, le PTM de Ceran 1 siège, sur 30 (le reste revient à l’UNR de R Bambridge et Coppenrath, à l’UTD de Poroi et Vanizette et aux Indépendants). L’incapacité du RDPT à s’entendre pour gouverner est sanctionnée par les électeurs.

L’Assemblée, devant un budget en difficulté, émet des vœux pour que l’Etat récupère certaines compétences : l’OPT (la Poste) en 1960, l’enseignement en 1963, les agents territoriaux en 1966.

Les essais nucléaires commencent le 1er juillet 1966. Avec le CEP (Centre d’expérimentation du Pacifique), le budget du Territoire s’améliore.

De nouveaux signes du manque de fidélité et de cohérence du côté RDPT : en 1962, Ceran et ses douze amis, qui intitulent leur groupe RDPT-Te Aratai (et qui nomment le groupe de leurs autres amis RDPT-Pouvanaa), votent pour le candidat au Sénat Poroi, contre  le sortant G. Coppenrath, soutenu par T. Bambridge. Mais, retournement en 1966, Ceran soutient aux municipales Pambrun, premier adjoint du maire sortant de Papeete, le même Poroi. Or, Pambrun  se présente contre Poroi. Poroi  perd sa place de maire.

En février 1964, à la Commission permanente de l’Assemblée territoriale, un élu RDPT et deux conseillers de droite, contre deux RDPT, acceptent l’installation du CEP à Mururoa-Fangataufa.

6.    Les autonomistes au gouvernement : 1967-1972

Un décret d’octobre 1963 avait dissous le RDPT de Teariki et le PTM de Ceran, vraisemblablement pour neutraliser la contestation antinucléaire (page 180 du livre de Ceran). J Teariki, avec J Tauraa et d’autres, avait fondé en 1964 un nouveau parti, le Here Ai’a.

En 1967, les « autonomistes » reviennent au gouvernement. John Teariki et son parti, le Here Ai’a, obtiennent 7 sièges, Francis Sanford (maire de Faa) et son parti, le Ea Api, obtiennent 10 sièges (pour le reste : 7 U.T.-UNR, dont Bambridge, Flosse et Elie Salmon, 3 UTD, dont Poroi, 3 divers, dont Vanizette).

Teariki et Sanford s’allient dans le Front uni. Cette alliance gouvernera de 1967 à 1972 et de 1977 à 1982.  Ils obtiendront de la part de l’Etat français, dix ans plus tard, le statut de 1977.

En 1968, Pouvanaa revient d’exil. En 1971, il est élu sénateur, succédant à Poroi.

Les divisions et les réconciliations de personnes ou de partis n’arrêtent toujours pas. Il est difficile de savoir qui est avec qui, et pourquoi. S’agit-il de conflits de personnes, d’intérêts ou d’engagements idéologiques ? En 1967, Sanford est élu député contre le sortant Teariki. Il sera réélu en 1971, avec Teariki comme suppléant. En 1971, l’UTD Poroi fait campagne pour le RDPT Pouvanaa et contre ses alliés traditionnels.

7.    La loi communale

A partir de1971, la réforme communale ajoute 40 nouvelles communes et oblige le Territoire à verser une partie de ses recettes fiscales aux communes. Le Territoire doit reverser 25% de ses recettes au fond intercommunal de péréquation.

Trois forces autonomistes apparaissent : celle de Juventin, maire de Papeete, celle de Vernaudon, maire de Mahina, celle de Ebb, dont le fief est le Teva I Uta. Une nouvelle classe politique s’enracine dans les mairies qui deviennent un tremplin pour accéder à l’Assemblée. Se constitue un système clientéliste. Par les liens familiaux, par les aides octroyées aux particuliers et aux associations, ces maires deviennent indétrônables. Champions de tel ou tel particularisme, ils sont des alliés indispensables, contribuant à l’émiettement et à l’individualisation des formations gouvernementales (page 171 de TG)

8.    L’U.T.UNR et l’UTD au gouvernement : 1972-1977

Aux élections de 1972, il n’y a que 6 Here Ai’a, dont Teariki et Pouvanaa, et 7 Ea Api, dont Sanford. L’U.T.UNR de Bambridge et Flosse (maire de Pirae) gouverne de 1972 à 1977 avec l’UTD.

En 1973, a lieu une manifestation antinucléaire, avec le général de la Bollardière, Louis Besson, Brice Lallonde, etc.

Aux élections municipales de 1976, Temaru est élu maire de Faa, supplantant Helme, l’ami de Sanford, le maire sortant, Roomataaroa du parti de Drollet et Kelly du parti de Flosse (en 1989 Roomataaroa rejoint Temaru pour les municipales, contre Gabilou, ancien premier adjoint de Temaru).  En janvier 1977, Temaru fonde un nouveau parti, le Tavini-Front de libération de la Polynésie.

En 1977, Pouvanaa décède.

9.    Le Front uni : 1977-1982

Aux élections de mai 1977, le Front uni, avec Teariki, Sanford, Juventin, Vanizette, Ebb, Drollet obtient 17 sièges, le Tahoeraa Huiraatira de Flosse et de A Leontieff n’obtenant que 10 sièges. Mais, un an après, Flosse est élu député, ce qui annonce un changement de majorité et l’échec du Front uni.

Du côté indépendantiste, il s’était créé trois partis : le Te Ta’ata Tahiti Tiama de Charlie Ching, le neveu de Pouvanaa, qui tend à recourir à la violence en 1977 (assassinat d’un métropolitain, un officier de marine, dynamitage de la poste de Papeete, etc.). Peuvent être associé à ce parti un parti crée par Robert Cahn, le Pomare Parti et le parti crée par Tetua Mai. Ces mouvements disparaissent avec l’arrestation du leader du TTTT. Le Mana te Nuna’a de Jacqui Drollet (avec Peni Atger, JP Baral, Duro Raapoto, Henri Hiro, Emile Teihotaata, Philippe Siu. Les théologiens Raapoto et Hiro se retireront d’un parti trop moderniste à leur goût) fondé en 1975, qui prône la socialisation progressive des moyens d’investissement, de production et d’échange et le Tavini de Oscar Temaru et James Salmon, fondé en janvier 1977, qui souhaite un retour aux sources de la culture ma’ohi, s’enracine dans le christianisme et rejette la culture française et le modernisme.

10.                      Un statut proche du régime d’assemblée

Un nouveau statut est obtenu par une loi de 1977. Le gouverneur devient « haut-commissaire ». Le Conseil de gouvernement, présidé en principe par le haut-commissaire, comprend un vice-président et six conseillers élus par l’Assemblée. Les conseillers n’ont pas d’attributions individuelles mais ils peuvent se voir confier des missions. L’Assemblée peut censurer les conseillers de gouvernement. On est proche du régime d’assemblée.

Le Comité économique et social est consulté par l’Assemblée et le Conseil.

Le concours de l’Etat est fixé par des conventions, sous forme d’aide financière ou de détachement de personnel, ce qui crée un partenariat où chacun s’engage à financer les projets communs.

11.                      Le Tahoeraa au gouvernement (1982-1987)

Aux élections de 1982, le Front uni de Teariki, Juventin, Sanford, Ebb, Millaud, n’a que 10 sièges, le Tahoeraa de Flosse 12, le Aia-Api de Vernaudon (le maire de Mahina) 4, le Ia-Mana-te-Nunaa de Jacqui Drollet, Jacky Van-Bastolaer et Paul Atger 3 et le Taatiraa de Arthur Chung 1. C’est la fin de l’U.T.D. de A. Poroi. (L’UTD est laminé électoralement. Poroi était maire de Papeete de 1942 à 1966. En 1962 il avait été élu sénateur contre le sortant G Coppenrath, soutenu par Bambridge. En 1971, il avait laissé sa place de sénateur à Pouvanaa. Poroi mourra en 1994).

En 1982, E. Vernaudon (maire de Mahina), qui avait créé le Ai’a Api, fait élire Flosse et devient, en échange, président de l’Assemblée. En 1983, Vernaudon est remplacé par Teuira, du parti de Flosse. Vernaudon lance son parti, le Aia Api.

Jean Juventin (maire de Papeete) succède à Teariki, décédé en 1983, à la tête du Here-Aia. Juventin ne pourra retenir M. Ebb qui créera son propre courant.

Dès 1982, D. Millaud et J.M. Raapoto succèdent à Sanford à la tête du Ea-Api, Sanford se retirant de la vie politique.

12.                      Un statut à tonalité présidentielle

En 1980, G. Flosse et F. Sanford avaient demandé l’autonomie interne. Avec la loi de 1984, l’identité polynésienne est reconnue à travers un drapeau et un hymne et le Territoire bénéficie de pouvoirs plus importants que ceux reconnus aux régions, aux départements et aux communes. Le gouvernement, ou Conseil des ministres, comprend 6 à 10 ministres choisis par un président élu par l’Assemblée. On se rapproche du régime présidentiel. L’un des ministres est vice-président.

Le contrôle de légalité est assuré a posteriori par le Tribunal administratif de Papeete (avec appel à la Cour administrative d’appel de Paris et recours en cassation devant le Conseil d’Etat), le contrôle des comptes par la Cour des comptes. Un Comité économique et social est consulté par le gouvernement et l’Assemblée.

13.                      1986-1991 : gouvernement de coalition

Selon la loi de 1984, l’Assemblée territoriale comprend dorénavent 41 membres. Aux élections du 16 mars 1986, le Here-Aia de Juventin et Ebb obtient 8 élus, le Aia Api de Vernaudon 7, le Tahoeraa de Flosse 17, le Mana-te-Nunaa de Drollet 3, le Tavini de Temaru et James Salmon 2, le Taatira de Chung 2, le Tireo de Raapoto 1, les Indépendants 2.

Teuira (maire d’Arue), président de l’Assemblée depuis 1983 (à la suite de Vernaudon), réélu en 1986, devient vice-président du Conseil le 12 mars 1987, en remplacement de Flosse nommé  Secrétaire d’Etat du Pacifique Sud dans le gouvernement Chirac (il y restera 2 ans). Teuira est remplacé par Doom à la présidence de l’Assemblée.

Alexandre Léontieff, le ministre de l’économie et considéré comme le dauphin de Flosse, par dépit de ne pas avoir été choisi comme vice-président du Conseil, va créer le Te Tiarama et constituer une nouvelle majorité mettant en place un gouvernement de coalition où tous les courants sont représentés.

Le 23 octobre 1987, nuit d’émeute à Papeete, avec incendies et pillages. L’état d’urgence est proclamé et le couvre-feu instauré. Flosse donne des ordres de Paris au haut-commissaire.

En 1988, Flosse perd son siège de député en faveur de Vernaudon.

14.                      Changements institutionnels de 1990

Quelques changements institutionnel avec une loi de 1990 : le nombre des ministres peut être de 12, le gouvernement peut autoriser tous les investissements directs étrangers, le président n’a plus à soumettre la liste des ministres à l’Assemblée. Le président représente l’Etat au sein des institutions du Pacifique. Une Commission permanente siégeant entre les cessions de l’Assemblée peut comprendre 9 à 16 membres. Le « Conseil économique, social et culturel » remplace le défunt Comité économique et social. Sont créés les Conseils d’archipel, à rôle consultatif, réunissant les membres de l’Assemblée et les maires. C’est la Chambre territoriale des comptes qui contrôle dorénavant les comptes.

15.                      Les élections du 17 mars1991 : retour de Flosse

Le Tahoeraa-Huiraatira, sans Flosse, obtient 19 sièges, le Aia-Api de Vernaudon, Léon Ceran-Jerusalemy et Napoléon Spitz 7, le Here Aia de Juventin et Ebb 7, le Tavini 5 et les divers, dont Alexandre et Boris Léontieff, 3. Flosse redevient président du gouvernement en s’alliant au parti de Vernaudon qui devient, le 28 mars 1991, président de l’Assemblée. Puis, quelques mois plus tard, il s’allie au parti de Juventin qui devient, le 2 avril 1992, président de l’Assemblée. Vernaudon se rebelle et transforme l’Assemblée en bastion de l’opposition. Flosse pousse Ebb contre Juventin et fait élire le 6 avril 1995 Ebb comme président de l’Assemblée, à la place de Juventin.

En 1995, le 29 juin, une manifestation antinucléaire est organisée par le Tavini, une autre, le 26 août, par l’Eglise évangélique. A la suite de la décision de reprise des essais nucléaires, le 5 septembre 1995, des manifestants envahissent l’aéroport le 6 septembre. L’aéroport brûle, Papeete est pillé. Un procès aura lieu en octobre1998, avec appel en mai 2000  (Hiro Tefaarere, élu Tavini : 38 mois de prison comme « chef de bande armée », Ben Teriitehau, vice-président du Tavini : arrêté mais non poursuivi, Barff, trésorier du Tavini : relaxé, trois syndicalistes de la confédération A Tia I Mua : 24, 12, 12 mois de prison pour Terorotua, Tamaititahio, Tematahotoa).

16.                      Les élections de 1996, de 2001

Aux élections de 1996, le Tahoeraa Huiraatira de Flosse, mais aussi de 5 transfuges du Aia Api de Vernaudon et de Ebb, transfuge du Here Aia, obtient 27 sièges, le Aia Api de Vernaudon 1, le Fetia Api de Boris Léontieff 2, le Tavini 9, le Ia Mana de Jacqui Drollet, allié au Tavini, 2, le Here Aia de Hiro 1 (Tepa), allié au Tavini.

Aux élections de 2001, le Tahoeraa a 28 sièges, le Fetia Api de Boris Léontieff 7, le Tavini 13.

17.                      Les élections de 2004 : victoire de Temaru[2]

« Le statut régi par la loi organique du 27 février 2004 et qui consacre le territoire comme un « pays d'outre-mer » se gouvernant « librement et démocratiquement » paraissait rédigé par ses amis chiraquiens pour un seul homme: l'indéracinable Gaston Flosse. Le texte concentre les pleins pouvoirs dans les mains du président de la Polynésie et prévoit un mode de scrutin à un tour, avec prime majoritaire pour la liste arrivée en tête. Paradoxe, ce dispositif « sur-mesure » et ce système électoral peu démocratique vont jouer contre leurs auteurs. Après la promulgation, M. Flosse demanda et obtint du président de la Republique la dissolution de l'Assemblée de la Polynésie française, le 2 avril 2004 ».

Aux élections du 23 mai 2004, à la surprise générale, grâce à deux alliances avec le Ea Api et le Te Aia Here, Temaru devient, le 14 juin, président. Il ne reste que 3 ou 4 mois, jusqu’au 9 octobre, car il est renversé par une motion de censure, un de ses élus étant passé du côté de Flosse. Flosse redevient président le 22 octobre, mais il est renversé le 18 février 2005, à la suite des élections partielles du 13 février 2005 qui lui sont défavorables. Temaru n’a pas la majorité absolue mais redevient président le 3 mars 2005 grâce à une alliance avec l’ADN.

18.                      Elus et ministres à la suite des élections des Iles du Vent du 13 février 2005

a) Les élus

Tahoeraa Huiraatira (27 élus, dont 10 pour les Iles du Vent, avec 39,99% des voix aux Iles du Vent) :

Gaston Flosse, Armelle Merceron, Michel Buillard, Teura Iriti, Edouard Fritch,Romance Flohr,Jean-Christophe Bouissou, Lucette Taero, Noa Tetuanui, Ema Algan, (Iles du Vent)

Gaston Tong Sang, Lana Tetuanui, Marcellin Lisan, Emma Maraea, Thomas Moutame, Sylviane Terooatea, (Iles-sous-le-Vent)

Teina Maraeura, Eleanor Parker, Howard Vairaaroa (Tuamotu Ouest)

Temauri Foster, Monique Labbeyi, Michel Yip (Gambier,Tuamotu Est)

René Kohumoetini, Pascale Haiti, Jean-Alain Frebault (Marquises)

Frédéric Riveta, Juliette Tahuhuatama (Australes)

 

UPLD, Union Pour La Démocratie ou Tapura Amui no te Faatereraa Manahune (27 élus, dont 25 aux Iles du Vent, avec 46,96% des voix aux Iles du Vent) :

Oscar Temaru, Maryse Ollivier, Emile Vernaudon, Unutea Hirshon, James Salmon, Tamara Bopp Dupont, Antony Geros, Rosina Chin Foo, Jean Marius Raapoto, Françoise Tama, Jacqui Drollet, Juliana Mati, Georges Handerson, Catherine Buillard, Eugène Sommers, Sabrina Birk, Myron Mataoa, Delhia Pater, Ruben Teremate, Amaronn Teriipaia, Jean-Michel Carlson, Daniele Persegaele, Raymond Van Bastolaer, Auxilia Natua, Roberto Teriitehau, Hirohiti Tefaarere (Iles-sous-le-Vent)

Chantal Florès(Australes)

 

ADN, Alliance pour une Démocratie Nouvelle (3 élus, dont 2 aux Iles du Vent, avec 10,56% des voix aux Iles du Vent) :

Nicole Bouteau, Philip Schyle(Iles du Vent)

Patricia Pahio Jennings (Iles-sous-le-Vent),

b) Gouvernement après les élections de février 2005 (par ordre protocolaire)

Oscar TEMARU, président du pays, chargé des relations extérieures, de la réforme du statut, de la décentralisation, du développement des communes et de l'océanisation des cadres, Jacqui DROLLET, vice-président du pays, ministre du tourisme et des transports aériens, chargé de la communication, de la cohérence de l'action gouvernementale, porte-parole du gouvernement, Emile VANFASSE, ministre de l'économie et des finances, chargé de l'industrie et des petites et moyennes entreprises, du budget et de la fiscalité, Emile VERNAUDON, ministre des Postes & Télécommunication et des Sports, chargé des Nouvelles Technologies de l'Information, Pierre FREBAULT, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et de la fonction publique, chargé de la réforme de l'administration, des relations avec l'Assemblée de Polynésie française et du CESC, Keitapu MAAMAATUA-IAHUTAPU, ministre de la mer, chargé de la promotion et de la valorisation des pêches, Ahiti ROOMATAAROA, ministre de l'agriculture, de l'élevage et des forêts, James Narii SALMON, ministre de l'Equipement, des Transports terrestres et maritimes, des ports et aéroports, Gilles TEFAATAU, ministre de l'urbanisme, du logement et des affaires foncières, Georges ANDERSON, ministre du Développement Durable, chargé de l'Aménagement, de l'Environnement, de la Qualité de la Vie et de la prévention des risques naturels, Jean Marius RAAPOTO, ministre de l'Education, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, chargé du plurilinguisme et de la promotion des langues polynésiennes, Pia FAATOMO, ministre de la santé, chargé de la prévention, de la sécurité alimentaire et de la médecine traditionnelle, Patricia Pahio JENNINGS, ministre de la Solidarité, chargé des personnes agées, Valentina CROSS, ministre de la famille et de la condition féminine, Tauhiti NENA, ministre de la jeunesse, de la culture et du patrimoine, Louis FREBAULT, ministre du développement des archipels, Natacha TAURUA, ministre de l'art traditionnel et de l'artisanat.



[1] Toullelan et Gille

[2] Sémir al Wardi, « Tahiti ou la difficile alternance », Le Monde diplomatique, juin 2005

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Dernière mise à jour de cette page le 16/06/2006

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